Depuis quelques années, les friteuses sans huile séduisent de plus en plus de foyers. Moins grasses, plus faciles à nettoyer, elles incarnent l’allié rêvé pour ceux qui veulent se faire plaisir sans culpabiliser. J’ai moi-même succombé à cette vague dès mon installation en 2012. Refusant la traditionnelle friteuse à bain d’huile, j’ai opté pour une solution plus « light » : d’abord une Seb ActiFry, puis un Airfryer Philips.
La théorie semblait parfaite. Mais dès les premiers essais, notamment avec des frites fraîches, la désillusion a pointé le bout de son nez.
Le fiasco des frites maison
Grand amateur de frites dorées et croustillantes, j’ai voulu tester le Graal promis par les fabricants. Résultat ? Une belle coloration en surface, certes, mais une texture cartonnée, loin du croustillant attendu. J’ai tenté plusieurs variantes : un peu plus d’huile, un peu moins, des temps de cuisson ajustés… Rien n’y a fait. Les bâtonnets étaient soit brûlés sur les bords, soit à peine cuits à l’intérieur.
Face à cet échec, j’ai fini par tester des frites industrielles surgelées. Et là, miracle : elles ressemblaient davantage à des frites classiques. La raison est simple : elles sont déjà enrobées d’huile avant la surgélation. De quoi sauver l’expérience… mais pas vraiment la promesse initiale.
L’Airfryer a donc rapidement rejoint le placard, un peu comme ces appareils de cuisine qu’on achète sur un coup de tête et qu’on oublie après deux utilisations.
La redécouverte grâce à d’autres recettes
C’est en parlant cuisine avec ma mère que je lui ai redonné une seconde chance. Elle, adepte des nems achetés en gros dans une épicerie asiatique, les cuisait à l’huile. J’ai tenté la version Airfryer. Et, surprise : le résultat était franchement bon ! Pas aussi croustillant qu’avec une friteuse classique, mais bien meilleur qu’au four.
Peu à peu, j’ai élargi le champ des possibles : nuggets de poulet, tempuras de crevette, galettes de pomme de terre… Tous ces produits déjà légèrement huilés trouvent dans l’Airfryer une seconde vie. Croustillants, rapides à cuire, moins secs qu’au four : l’appareil avait enfin trouvé sa place dans ma cuisine.
Et il faut reconnaître que les fabricants ont depuis ajusté leur discours. Aujourd’hui, ils ne vendent plus l’Airfryer comme une machine à frites miracles, mais comme un petit four polyvalent à air chaud. Un changement bien plus réaliste.
Une cohabitation assumée avec la friteuse à huile
Douze ans plus tard, je vois mon Airfryer comme un appareil d’appoint. Il me sert à réchauffer rapidement certains plats, à éviter d’allumer le four pour de petites portions, et à rendre plus savoureux des aliments préparés. Mais pour les vraies frites maison, je suis revenu à la friteuse traditionnelle. Rien ne remplace le goût et le croustillant obtenus avec un bain d’huile.
Aujourd’hui, les deux cohabitent dans ma cuisine : l’Airfryer pour le quotidien rapide et « healthy », la friteuse à huile pour les repas du dimanche où l’on accepte volontiers un peu plus de gourmandise.
Finalement, la vraie leçon, c’est que l’Airfryer n’est pas une révolution, mais un compromis. Et comme souvent en cuisine, tout est affaire de dosage… entre santé et plaisir.
Rédactrice web spécialisée en cuisine, Mathilde propose des recettes accessibles, des astuces pratiques et des idées créatives pour inspirer tous les amateurs de bonne cuisine. Passionnée, elle valorise le plaisir de cuisiner et de partage.






