L'hexane

L’hexane : ce polluant invisible qui échappe encore aux contrôles

Ce matin, en tartinant ma tranche de pain de margarine, je me suis demandé : « Qu’y a-t-il vraiment derrière cette texture onctueuse ? » C’est comme un petit tour de magie industrielle, où un solvant discret, l’hexane, joue les prestidigitateurs. Invisible à l’œil nu, ce composé issu du pétrole se cache dans nos placards : sur vos vêtements, dans vos cosmétiques, et surtout… dans votre assiette.

Une faible quantité de résidus autorisée

L’hexane est employé comme auxiliaire technologique pour extraire l’huile de graines de colza, de soja ou de tournesol. Grâce à lui, on obtient plus rapidement des huiles végétales, des margarines, des beurres de cacao, voire des laits infantiles (selon la directive européenne de 2009). Mais la magie a un prix : il peut subsister jusqu’à 1 mg/kg dans les graisses et jusqu’à 30 mg/kg dans les produits dégraissés de soja (directive UE).

Ces résidus, bien que limités, laissent les autorités en alerte. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) rappelle que toute utilisation d’un solvant n’implique pas son étiquetage sur les emballages : l’hexane fait partie des « solvants autorisés », mais peut se révéler toxique en cas d’exposition prolongée (ANSES). Au moindre doute, je repense à cette photo d’un collègue, les mains couverts d’huile, intrigué par la facilité avec laquelle le solvant s’évapore, ne laissant qu’un film discret.

Une nouvelle étude aux résultats plus inquiétants

Pour mesurer le risque réel, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié, le 13 septembre dernier, une évaluation alarmante : l’exposition des nourrissons et des jeunes enfants pourrait dépasser ce qui avait été prévu initialement, sur la base d’une étude de 1996 sur des rats jugée aujourd’hui insuffisante (EFSA). Concrètement, ces tout-petits, dont le régime se compose davantage de produits à base d’huiles végétales, sont plus fragiles face à ces résidus d’hexane.

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Un jeune chercheur, Christian Cravotto, a récemment souligné dans sa thèse l’urgence de nouvelles investigations pour cerner les effets de cet hydrocarbure « caché » dans notre quotidien. L’EFSA confirme : « Des études de toxicité supplémentaires explorant davantage de paramètres peuvent être nécessaires ». Pourtant, dans les usines, tout reste conforme aux normes européennes, assure la Fédération des industries des huiles végétales (FEDIOL), arguant qu’« aucun dépassement des seuils réglementaires n’a été constaté ».

Rédactrice web spécialisée en cuisine, Mathilde propose des recettes accessibles, des astuces pratiques et des idées créatives pour inspirer tous les amateurs de bonne cuisine. Passionnée, elle valorise le plaisir de cuisiner et de partage.

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