Courses : découvrez pourquoi votre ticket de caisse risque d’exploser prochainement
Chers lecteurs, préparez vos portefeuilles et accrochez-vous à vos caddies : la note de vos prochaines courses pourrait bien faire un bond digne d’une séance de trampoline. En cause ? La flambée spectaculaire du prix des matières premières, des coûts de transport ahurissants et des bouleversements législatifs. Plongée dans l’arrière-boutique de votre supermarché !
La flambée des coûts : une addition salée pour les fabricants… et pour nous
Un exemple qui sent bon le beurre (cher) : la Biscuiterie La Mère Poulard, mythique maison du Mont-Saint-Michel, fait aujourd’hui face à une explosion de ses charges. Pour faire venir ses ravissants coffrets de Noël fabriqués en Chine, la facture transport a été multipliée par plus de cinq : on est passé de 2 500 € à 13 500 € le container en un an. Merci la reprise économique mondiale post-Covid, qui s’accompagne de congestion dans les ports et de pénuries en tout genre !
Ce n’est pas tout : beurre (+15 %), plastiques d’emballage (+20 %), cartons (+12 %)… la liste s’allonge, et ça commence à donner le vertige. Difficile, dans ces conditions, de tenir la barre avec une marge de 3,5 % (un coup de vent, et hop, à l’eau les bénéfices). Ainsi, Sébastien Pautrel, le directeur général de La Mère Poulard, ne voit pas d’autre solution que de demander une hausse de 12 % du prix de ses coffrets en magasin pour 2022.
Loi EGalim : la réforme qui pourrait bouleverser vos courses
Face à cette envolée générale des coûts, toute l’industrie agroalimentaire retient son souffle dans l’attente de la réforme de la loi EGalim, qui doit passer au Sénat. Si ce projet est adopté, il pourrait sérieusement rebattre les cartes lors des célèbres négociations annuelles entre la grande distribution (Leclerc, Carrefour…) et les fabricants.
L’objectif ? Mieux prendre en compte l’escalade des prix des matières premières et redonner un peu d’air aux agriculteurs et industriels. Ces derniers ont vu leurs coûts grimper ces dernières années, tandis que les rayons de supermarchés affichaient des prix tirés vers le bas, sous la pression musclée des distributeurs. Pas étonnant que certains groupes soient régulièrement épinglés pour pratiques commerciales douteuses envers leurs fournisseurs !
Grande distribution : offensive sur fonds d’inflation
Côté distributeurs, l’heure n’est pas à lever le pied. « Nous avons donné consigne aux équipes de Leclerc de ne pas laisser passer les hausses spéculatives. On va castagner les multinationales », promet Michel-Édouard Leclerc, bien décidé à ne pas faire grimper les prix de façon déraisonnable… Pour autant, l’addition va probablement s’alourdir pour les consommateurs.
L’Ania (association nationale de l’industrie agroalimentaire) tempère quelque peu : si l’inflation alimentaire, qui était de -0,1 % en 2020, devait s’aligner sur celle de l’ensemble de l’économie (+0,6 %) : l’impact serait limité à 1,50 € par ménage et par mois selon eux. La « bataille du pouvoir d’achat » ne se jouerait donc pas tant que ça à la caisse du supermarché.
Le gouvernement assume cette future hausse : le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, appelle même ceux qui le peuvent à considérer l’acte de faire ses courses comme un acte citoyen, pour soutenir agriculteurs et industriels.
Quel impact réel sur notre budget ? Les chiffres qui font grincer des dents
Qu’en est-il concrètement de cette menace sur notre porte-monnaie ? Selon une étude menée pour la FEEF (qui défend les PME comme La Mère Poulard), et conduite par le cabinet Asterès, une hausse d’1 % des prix des produits alimentaires transformés en France ferait baisser le pouvoir d’achat des ménages de 0,07 %. Et s’il fallait encore assaisonner un peu, voici la suite :
- Pour les foyers les plus modestes : baisse de 0,1 % du pouvoir d’achat en cas de hausse d’1 %
- Pour les plus aisés : baisse de 0,05 %
- Si les prix grimpaient de 5 % : le pouvoir d’achat fondrait de 0,37 %, et de 0,7 % en cas de hausse de 10 %
De quoi donner quelques sueurs froides, surtout pour les familles déjà en difficulté…
Du côté des défenseurs du consommateur, comme UFC-Que choisir, la vigilance est de mise. Après l’entrée en vigueur de la précédente loi EGalim début 2019, les prix alimentaires en grande surface avaient bondi de 0,83 % en un mois (selon UFC). Certaines marques nationales avaient même grimpé de 1,14 %, et des produits vedettes comme Coca-Cola, Nutella, emmental, thon en boîte ou pastis avaient flambé de 5 à 7 %. Les enseignes avaient alors pu compenser en baissant le prix des marques de distributeurs – mais si la réforme passe, elles n’auront plus cette échappatoire.
En conclusion : préparez-vous à voir les prix osciller dans votre panier ! Si l’on ne peut pas éviter la pluie, autant sortir le parapluie et surveiller de près l’évolution de la loi et des promotions. Et, pour les consommateurs qui le peuvent, faire ses courses en pensant à l’agriculteur derrière le pot de confiture pourrait finalement être le geste citoyen de l’année.
Rédactrice web spécialisée en cuisine, Mathilde propose des recettes accessibles, des astuces pratiques et des idées créatives pour inspirer tous les amateurs de bonne cuisine. Passionnée, elle valorise le plaisir de cuisiner et de partage.




