Un habitant de La Calmette, dans le Gard, a eu l’idée saugrenue de mettre en vente deux pots de moutarde pour la modique somme de… 6 000 €. Et pour couronner le tout, il proposait en prime un petit pot gratuit, histoire de faire bonne mesure. À l’origine, il ne s’agissait que d’une blague lancée sur Facebook Marketplace, cette plateforme où chacun peut vendre un vieux vélo, un canapé défraîchi ou, visiblement, un condiment très convoité. Mais le canular a rapidement pris une tournure qu’il n’avait pas anticipée.
En deux semaines, l’annonce cumule plus de 5 500 vues et près de 90 partages. Une visibilité digne d’un produit de luxe, sauf qu’il s’agissait simplement de deux pots de moutarde de 850 grammes.
La pénurie de moutarde en toile de fond
Si la plaisanterie a fait réagir, c’est parce qu’elle touche un sujet sensible : la pénurie de moutarde. Depuis plusieurs mois, les consommateurs font face à des rayons vides, conséquence directe des mauvaises récoltes au Canada, touché par des sécheresses et des incendies. Selon l’Association Européenne des Condiments, près de 80 % des graines utilisées en France provenaient de ce pays. Résultat : les prix ont flambé, et certains particuliers se sont mis à revendre leurs pots sur internet… parfois à des tarifs farfelus.
C’est en tombant sur ces petites annonces que l’homme de La Calmette a eu l’idée d’en rajouter une couche, façon caricature : « Quand j’ai vu des pots à moitié entamés mis en vente, je me suis dit que je pouvais pousser la blague plus loin », explique-t-il.
Entre éclats de rire et messages haineux
La majorité des internautes a pris l’annonce avec humour. Certains ont proposé des échanges farfelus : « Je te donne mes enfants contre tes trois pots », écrit un utilisateur amusé. D’autres l’ont même remercié d’avoir mis un peu de légèreté dans une actualité souvent morose.
Mais tout le monde n’a pas compris la plaisanterie. L’auteur confie avoir reçu des messages haineux, parfois violents, de personnes persuadées qu’il tentait réellement de profiter de la situation. « Je ne comprends pas, c’était juste une blague. Quand j’explique, certains s’excusent, mais d’autres restent agressifs », raconte-t-il. Une expérience qui lui a rappelé que sur internet, l’humour est souvent un terrain miné.
Quand le web prend tout au premier degré
Ce n’est pas la première fois qu’une plaisanterie se retourne contre son auteur. Dans un contexte tendu – pénuries alimentaires, hausse des prix, climat anxiogène –, certains internautes ont perdu la capacité à distinguer l’humour du sérieux. Les sociologues notent d’ailleurs que les réseaux sociaux amplifient les réactions émotionnelles : un contenu exagéré est immédiatement partagé, commenté, jugé, sans recul ni nuance.
Le faux vendeur, lui, ne regrette pas complètement sa blague, mais avoue qu’il n’imaginait pas un tel raz-de-marée. Et pour couper court aux rumeurs, il précise qu’il garde précieusement ses pots de moutarde… pour ses barbecues d’été, et non pour les mettre aux enchères.
Rédactrice web spécialisée en cuisine, Mathilde propose des recettes accessibles, des astuces pratiques et des idées créatives pour inspirer tous les amateurs de bonne cuisine. Passionnée, elle valorise le plaisir de cuisiner et de partage.




